
La seconde main textile a progressé de 5 % en volume en France entre 2024 et 2025, selon le dernier rapport de Refashion. Près de 65 400 tonnes de vêtements, chaussures et linge de maison d’occasion ont été vendues, et ce sont les rayons des marques et les friperies qui tirent la croissance.
- 65 400 tonnes de textiles d’occasion vendues en France en 2025, soit 7,2 % de la consommation totale.
- Le commerce entre particuliers reste le premier circuit, avec 42 % des volumes.
- Friperies et corners de marques progressent de 15 %, contre 4 % entre particuliers.
- Un vêtement d’occasion coûte en moyenne autant qu’un vêtement neuf d’entrée de gamme.
Que dit le rapport de Refashion ?
Refashion est l’éco-organisme mandaté par l’État pour organiser la filière textile en France. Son rapport, dévoilé le 30 septembre et relayé par l’AFP dans FashionUnited, mesure la place de l’occasion dans nos placards.
Le chiffre clé : 65 400 tonnes de textiles de seconde main vendues en 2025. Cela représente 7,2 % de la consommation totale de textiles et chaussures sur le territoire. Autrement dit, sur une quinzaine de pièces achetées, environ une est déjà d’occasion.
Pour un journal de la mode lente, c’est à la fois une bonne nouvelle et un rappel. L’occasion grandit, mais le neuf reste très largement majoritaire.
Où les Français achètent-ils leurs vêtements d’occasion ?
Trois grands circuits se partagent le marché. Le commerce entre particuliers arrive en tête avec 42 % des volumes : Vinted, Leboncoin, dépôts-ventes et vide-greniers. Selon Refashion, Vinted pèse à lui seul « un peu plus d’un quart » des volumes français de seconde main.
Juste derrière, l’économie sociale et solidaire concentre 41 % des ventes. On y trouve Emmaüs, le Secours Catholique, Le Relais ou la Croix-Rouge. Ce sont souvent les premières boutiques d’occasion que l’on fréquente, et les moins chères.
Les 18 % restants passent par les friperies de marché, les magasins de fripe au kilo comme KiloShop, les rayons seconde main de marques comme Kiabi ou Promod, et des sites comme Zalando.
Pourquoi les marques captent-elles la croissance ?
C’est le point le plus marquant du rapport. Le segment des friperies et des corners de marques progresse de 15 %. Le commerce entre particuliers ne gagne que 4 %, et l’économie solidaire 2 %.
Le rapport ne détaille pas les raisons de cet écart. On peut toutefois noter ce que ces circuits offrent : une sélection déjà triée, la possibilité d’essayer, un échange en magasin. Pour beaucoup d’acheteurs, c’est plus simple que de négocier une veste par messagerie.
Il y a un revers. Quand l’occasion se vend dans les mêmes magasins que le neuf, la frontière entre les deux s’estompe. Le risque est d’acheter de la seconde main comme on achète de la fast-fashion : vite, beaucoup, sans vraiment en avoir besoin.
Combien coûte un vêtement d’occasion ?
Refashion constate que le prix d’un article de seconde main est « équivalent au neuf d’entrée de gamme ». Les écarts entre circuits sont pourtant importants.
| Circuit | Prix moyen d’un article |
|---|---|
| Friperies et corners de grandes marques | 16,70 € |
| Plateformes comme Vinted | 9,40 € |
| Magasins Emmaüs et équivalents | 3,40 € |
Le même jean peut donc coûter cinq fois plus cher selon l’endroit où on l’achète. Pour qui veut une garde-robe durable sans se ruiner, les boutiques solidaires restent imbattables, à condition d’accepter de fouiller.
Que deviennent les vêtements qui ne trouvent pas preneur ?
Une grande partie part à l’étranger. La France a exporté 172 000 tonnes de textiles d’occasion en 2025, en hausse de 3,6 % sur un an, d’après le même rapport repris par L’Info Durable.
Ces ballots partent surtout vers l’Afrique (36 %), d’autres pays d’Europe (30 %) et l’Asie (22 %). Ils valent de moins en moins : le prix moyen de la tonne a baissé de 8,2 %, à 471 euros.
Dans l’autre sens, la France importe aussi de l’occasion : 13 100 tonnes en 2025 contre 10 100 un an plus tôt, dont 40 % du Royaume-Uni. Ces pièces alimentent notamment les friperies commerciales.
Ce que ces chiffres changent pour une garde-robe lente
Le volume exporté rappelle une chose simple : la seconde main n’absorbe qu’une partie de ce que l’on achète. Plus de deux fois et demie le volume vendu en France part à l’étranger, souvent pour y être mal valorisé.
La mode lente ne se résume donc pas à acheter d’occasion. Elle commence avant : acheter moins, choisir des matières qui vieillissent bien, réparer. L’occasion devient alors un complément logique, et non une nouvelle façon de consommer toujours plus.
Questions fréquentes
Quelle part des vêtements achetés en France est d’occasion ?
D’après Refashion, la seconde main représentait 7,2 % des volumes de textiles et chaussures consommés en France en 2025.
Quel circuit de seconde main progresse le plus ?
Les friperies, la fripe au kilo et les rayons d’occasion des marques, avec une hausse de 15 % en volume entre 2024 et 2025.
Où trouver les vêtements d’occasion les moins chers ?
Dans les boutiques de l’économie solidaire, comme Emmaüs : 3,40 euros en moyenne par article, contre 9,40 euros sur Vinted et 16,70 euros en friperie de marque.
